Conférence prononcée lors
de la réunion de Clamart 2007 sur l'intercommunalité
par Gérard LESUISSE Chef
d'entreprise clamartois
Sommaire :
Les principes de base de
l'intercommunalité
Les transferts de compétence et l'intérêt communautaire
La fiscalité
La situation actuelle
L'intercommunalité : ses fondements de base
L'intercommunalité : ce qu'elle ne doit pas être
Une identité communautaire
Pourquoi un référendum ?
QUELLE INTERCOMMUNALITE POUR CLAMART ET
POUR LES CLAMARTOIS ?
L'EMERGENCE D'UNE DYNAMIQUE COMMUNE
Les rencontres faites sur le terrain nous ont fait
prendre conscience que ce sujet était difficile, peu et même mal connu. C'est
pourquoi Clamart 2007 a décidé d'organiser une réunion d'information au cours
d'une soirée qui s'est déroulée le jeudi 27 novembre et a réuni plus de cent
personnes.
Cela a été l'occasion également de répondre à de
nombreuses interrogations.
Avant d'exposer la situation dans notre secteur,
Gérard LESUISSE a retracé les principes de base de l'intercommunalité qui
doit donner naissance à une dynamique entre toutes les communes qui s'associent
au sein d'une communauté d'agglomération.
LES PRINCIPES DE BASE DE
L'INTERCOMMUNALITE
1°) UNE COMMUNAUTE D'AGGLOMERATION
A la différence des communautés de communes qui
regroupent des villes de petites tailles, Clamart se trouve clairement dans
l'hypothèse de la création ou de l'adhésion à une Communauté
d'Agglomération. C'est à dire le regroupement de communes dont le nombre
d'habitants total dépasse 50.000 habitants (Clamart compte 48.000 habitants)
et dont une commune au moins dépasse les 15.000 habitants.
2°) UNE CONTINUITE TERRITORIALE et PAS D'ENCLAVE
Les communes concernées doivent en effet être
limitrophes, c'est à dire que chaque commune à une partie de sa frontière
commune à l'une au moins des autres villes concernées. Par ailleurs, une
commune ne pourra rester enclavée et indépendante au beau milieu d'une
communauté constituée.
L'objectif de la Loi de 1992 créant
l'Intercommunalité est de redessiner la France des Collectivités Locales en
restructurant son tissu de 36.000 communes très disparates pour les regrouper
au sein d'environ :
15 Communautés Urbaines 150 communautés
d'Agglomération 1.500 communautés de Communes.
3°) LES " MARIES D'OFFICE " ou LA
COMMUNAUTE IMPOSEE
La loi a donc prévu que les communes qui resteront
isolées pourront être regroupées d'office sur décision du Préfet.
Nous ne souhaitons pas que Clamart se trouve dans
cette situation et que notre avenir nous soit imposé par l'Etat.
LES TRANSFERTS DE COMPETENCES et L'INTERET
COMMUNAUTAIRE
I - LES TRANSFERTS DE COMPETENCES OBLIGATOIRES
1ère - Le Développement Economique
Il s'agit des actions de développement économique
d'intérêt communautaire …
Qu'est-ce que cet Intérêt Communautaire ?
C'est à dire que, lorsqu'une compétence est
transférée à la Communauté d'Agglomération (obligatoire ou optionnelle),
celle-ci exerce, à la place des communes qui la composent, cette compétence.
Mais lorsqu'il est précisé qu'elle est transférée dans l'intérêt
communautaire, cela signifie qu'elle peut n'être transférée qu'en partie.
Cet intérêt communautaire doit donc être
déterminé pour chaque compétence transférée.
C'est le Conseil Communautaire qui doit préciser
dans chaque domaine, à l'aide de critères, la limite entre ce qui sera de la
compétence communautaire et ce qui restera de la compétence communale.
Les décisions seront prises à la majorité des 2/3
du Conseil de la Communauté d'Agglomération. (Le conseil communautaire est
à la Communauté d'Agglomération, ce qu'est le Conseil Municipal à la
commune).
… mais aussi de la création, de l'aménagement, de
l'entretien et de la gestion de zones d'activité industrielle, commerciale,
tertiaire, artisanale, touristique, portuaire ou aéroportuaire qui sont
d'intérêt communautaire.
2ème - L'Aménagement de l'Espace Communautaire
Cela concerne les Schémas directeur et de secteur ;
la création et la réalisation de ZAC d'intérêt communautaire, les
transports urbains.
3ème - L'Equilibre Social de l'Habitat sur le
Territoire Communautaire
Sont concernés :
le Programme de l'Habitat la Politique du Logement
d'intérêt communautaire (y compris de logement social) les opérations
d'intérêt communautaire pour le logement des personnes défavorisées
l'amélioration du parc immobilier bâti d'intérêt communautaire.
4ème - La Politique de la Ville
Tous les dispositifs contractuels de développement
urbain, local et d'insertions économique et sociale, toujours d'intérêt
communautaire.
Cela concerne par exemple :
Programme d'intégration des familles en difficultés
Zones franches Régies de quartier Les grandes réhabilitations Le soutien
scolaire
II - LES TRANSFERTS DE COMPETENCES OPTIONNELLES
La Communauté d'Agglomération devra, parmi les 5
compétences suivantes, en retenir obligatoirement au moins 3.
1ère - Création ou aménagement et entretien de
voirie d'intérêt communautaire ; création ou aménagement et gestion de
parcs de stationnement d'intérêt communautaire.
2ème - L'Assainissement
3ème - L'Eau
4ème - En matière de protection et mise en valeur
de l'environnement et du cadre de vie : La lutte contre les pollutions de
l'air, les nuisances sonores, l'élimination et la valorisation des déchets
des ménages et assimilés (ou traitement et opérations connexes seulement)
5ème - En ce qui concerne les équipements culturels
et sportifs d'intérêt communautaire, il est question de leur construction,
de leur aménagement, de leur entretien, de leur gestion.
LA FISCALITE
Par le transfert des compétences, il est clair que la
Communauté d'Agglomération est bien une nouvelle collectivité territoriale à
part entière.
Qui dit nouvelle collectivité, dit nouveau budget !
Qui dit budget, dit Recettes !!!!
Quelles sont-elles ?
Les recettes du budget de la Communauté
d'Agglomération comprennent principalement :
- La Taxe Professionnelle Unique (TPU)
- En complément de la TPU, la Communauté
d'Agglomération perçoit une fiscalité additionnelle à la taxe
d'habitation et aux Taxes foncières
- La Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères, les
taxes du balayage, de séjour, sur la publicité et sur les fournitures
d'électricité
- Les subventions et dotations de l'Etat et des
Collectivités Territoriales
LA SITUATION ACTUELLE
L'Ile-de-France se restructure, ses communes se
regroupent.
LES COMMUNAUTES CONSTITUEES
- Certaines communes ont été les pionnières.
Elles ont pris les devants et ont déjà effectué
leur regroupement au sein de communautés aujourd'hui créées.
Tel est le cas de la Communauté d'Agglomération ARC
DE SEINE (créée en décembre 2002) qui regroupe les communes de : (Chaville,
Issy-les-Moulineaux, Meudon, Vanves, Ville d'Avray)
de la Communauté d'Agglomération des
HAUTS-DE-BIEVRE (créée en Janvier 2003) qui regroupe les communes de :
(Antony, Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry, Le Plessis-Robinson, Sceaux,
Wissous).
CLAMART se situe à la lisière de ces deux
Communautés d'Agglomérations (voir carte).

- D'autres ont entamé une réflexion approfondie
et sont en train de se constituer.
Tel est le cas pour les communes de Châtillon et
Montrouge dont les Conseils Municipaux ont délibéré en ce sens laissant la
porte ouverte pour accueillir Malakoff.
- D'autres enfin n'ont quasiment rien fait et
échafaudent d'hypothétiques regroupements répondant à des calculs
politiques qui sont bien loin de l'esprit de la loi et de la notion de
l'intérêt communautaire.
Tel est le cas de Clamart. On ne sait pas bien ce que
souhaite la municipalité, mais les communes voisinent parlent en son nom.
C'est ainsi que les Conseils municipaux de
Fontenay-aux-Roses et Bagneux ont voté des motions proposant la création
d'une Communauté avec Malakoff, Châtillon, Montrouge et …Clamart.
Châtillon et Montrouge ont rejeté cette proposition
restant dans leur logique de s'associer entre elles et Malakoff.
Clamart ne s'est toujours pas manifestée mais aurait
laissé entendre son accord pour rejoindre Fontenay-aux-Roses et Bagneux.
Pour bien comprendre la situation et les diverses
options possibles, il convient de rappeler le sens de l'Intercommunalité, ce
qui doit justifier le regroupement de communes au sein d'une Communauté
d'Agglomération.
L'INTERCOMMUNALITE SES FONDEMENTS
DE BASE
La loi les a très bien définies ; elle précise :
" L'Intercommunalité, c'est une volonté de
s'associer au sein d'un espace de solidarité en vue de l'élaboration d'un
projet commun de développement et d'aménagement de l'espace ".
DES MOTS FORTS !!!
… un espace de solidarité… C'est la définition
d'un nouveau territoire, auquel les administrés doivent pouvoir s'identifier
et pour le moins y retrouver des intérêts communs. C'est un nouvel espace de
vie qui doit naître ayant un sens pour chacun des habitants,
…en vue de l'élaboration d'un projet commun de
développement… Si l'on s'associe au sein d'un nouveau territoire, c'est
pour donner naissance à une dynamique commune.
C'est bien le citoyen et son devenir qui doivent
être au cœur de cette Communauté. Ce qui doit être recherché, c'est
l'émergence d'une dynamique commune au service de tous les citoyens de la
Communauté !
L'INTERCOMMUNALITE CE QU'ELLE NE
DOIT PAS ÊTRE :
Si nous savons ce que doit être l'Intercommunalité,
nous savons également ce qu'elle ne doit pas être.
1) Elle ne doit pas être un jeu de construction,
résultat d'une vision étriquée et à courte vue, basée sur la recherche
d'une alliance politique.
Ce serait une Communauté d'Agglomération sans fondement solide et vouée à
l'échec. En effet, les municipalités vivent au gré des alternances
politiques, certaines municipalités de droite peuvent virer à gauche et
d'autres de gauche peuvent revenir à droite. C'est en cela que l'attitude des
municipalités de Châtillon et Montrouge est exemplaire vis à vis de
Malakoff. Deux communes de droite qui tendent la main à une commune de gauche
qui plus est à direction communiste parce que ce qui les rassemblent au
niveau de leurs administrés est plus important que ce qui les divisent.
Malheureusement, la municipalité de Malakoff ne pas nécessairement faire
preuve de la même sagesse. Des désaccords internes à la majorité
municipale de Malakoff sont intervenus. Ils risquent de contraindre cette
ville à ne pas s'associer avec ses deux communes voisines dont les
imbrications économiques, sportives, de population et de transports sont
pourtant nombreuses !
2) Elle ne doit pas être non plus un jeu de
construction, reposant sur des motivations immédiates et strictement
financières.
Ce serait oublier que les richesses des communes varient au fil des ans.
S'associer avec une commune voisine plus riche qui perd une entreprise très
importante, c'est toute la Communauté d'Agglomération qui sera appauvrie et
pas uniquement la commune concernée !
Pour savoir avec qui développer ce partenariat d'avenir, il faut donc
chercher des motivations plus solides, il faut étudier l'histoire de nos
villes pour y retrouver certaines racines, l'histoire de son présent, pour
trouver et promouvoir ce qui nous rassemble ou nous complète.
UNE IDENTITE COMMUNAUTAIRE
Pour cela, il faut étudier ce que l'on appelle les
bassins de vie :
C'est recenser les lieux de vie et de travail, C'est analyser les bassins
d'emploi et leur mutations pressenties, C'est analyser les zones économiques
de développement, les transports, les zones vertes, les équipements
culturels et sportifs et leur fréquentation (l'implantation des clubs et leur
niveau…)
S'INFORMER ET CHOISIR, DEUX MOTS CLES
Parce que nous estimons que pour bien choisir, il
faut être bien informé.
Actuellement, la municipalité de Clamart demeure l'une des seules villes à
ne pas se manifester sur ce sujet, à s'isoler en refusant de mener une
véritable réflexion.
Poursuivre en ce sens, c'est prendre le risque que notre ville soit même
rejetée par tous nos voisins y compris par les Communautés d'Agglomération
limitrophes qui aujourd'hui seraient prêtes à nous accueillir.
Nous voulons donc que cette réflexion soit menée pour et par notre ville. Ce
n'est que de cette manière qu'un choix raisonné pourra être effectué.
Face à cette attitude inquiétante de la municipalité, Clamart 2007 a
demandé, mais n'a pas obtenue, la mise en place d'une commission
extra-municipale disposant d'un budget, afin de conduire une étude objective
pour :
Nourrir les différents choix possibles : C'est à dire, recenser les
avantages et les inconvénients des différentes options, rechercher pour
chaque scénario, les domaines pour lesquels nous avons naturellement des
intérêts communs avec nos voisins.
Ce travail permettra de confronter les différentes
options possibles.
Pour ensuite, mais seulement ensuite, éclairer la décision qui sera prise.
POURQUOI UN REFERENDUM ?
Parce que nous pensons qu'un sujet de cette
importance mérite une réflexion, des informations et un débat.
Exiger un referendum :
- C'est obliger la municipalité à sortir de son
isolement et de ses silences, c'est obtenir les informations dont nous
sommes aujourd'hui dépourvus par la réalisation des études
nécessaires, c'est imposer un débat alimenté par ces études dont les
Clamartois doivent être informés du résultat,
- C'est surtout associer pleinement les Clamartois
à ce choix si important pour l'avenir de leur commune mais surtout pour
leur avenir pour les 20 à 30 années qui viennent.