ACCUEIL DES SDF :L'INTERVENTION DE C DELOM


Hier soir a eu lieu le comité de pilotage du conseil de quartier gare consacré à l’implantation d’une maison relais pour personnes en grandes difficultés et d’un accueil de jour pour SDF. A cette occasion CHRISTAN DELOM A EXPRIME LA POSITION DE LA PLATE FORME SUR CE DOSSIER .
CLAM-CLAM.COM MET EN LIGNE SON INTERVENTION
« J’ai souhaité prendre la parole d’abord en qualité de riverain mais aussi d’ancien adjoint au maire chargé des Affaires Sociales sur un sujet que je connais très bien.
Tout d’abord j’ai rappelé qu’il existe une demande sociale pour la réinsertion de personnes en grandes difficultés et qu’une maison relais était parfaitement légitime et utile pour une ville comme Clamart.
Ce n’est pas parce que je me trouve dans l’opposition que j’oublie qu’un responsable politique doit être toujours capable de prendre en compte l’intérêt général. Car, comme je l’espère, je peux avec l’équipe de la plateforme, avoir en charge notre ville, et ce besoin s’imposera à moi comme à d’autres.
Raison de plus pour prendre toutes les précautions et les garanties.
Ces précautions et ces garanties, je les connais très bien puisque ce sont celles que nous avions prises à l’ouverture de l’hôtel social “La Parenthèse” que nous avions ouvert avenue Marguerite Renaudin. Cet hôtel social fonctionne très bien sans aucune gêne pour le voisinage et sauve des femmes et des enfants de l’exclusion. C’est une réalisation sociale exemplaire.
La garantie du succès vient de la qualité et de la quantité de l’accompagnement assuré par l’association en charge de la maison, du lien étroit avec les services sociaux et de l’emplacement dans un quartier calme. Il vient aussi du suivi des personnes résidentes et de leur capacité, une fois reconstruites, de revenir vers la vie normale.
Le projet tel qu’il est décrit de 17 studios avec un encadrement d’une association reconnue et opérationnelle, même si le site n’est pas idéal, me parait conforme aux garanties qu’il faut exiger de la municipalité dans un engagement précis à formaliser.
J’ai eu pendant le mandat précédent à fermer le local d’accueil de jour et de nuit qui existait précédemment. Je l’ai fermé pour plusieurs raisons: il était devenu indigne et insalubre et il était assez peu fréquenté par au plus 6 à 7 personnes et en réalité par 3 à 4.
Si personne n’a entendu parler de cette fermeture, c’est que j’avais pris des dispositions de remplacement qui ont été d’ailleurs poursuivies par l’actuelle municipalité. J’avais, en effet, passé un partenariat avec une association de Boulogne “La Colombe” qui dispose des moyens d’encadrement et d’accompagnement diversifiés (médecins, psychologues, éducateurs, assistants sociaux,…). Je conçois une telle structure comme une chance pour s’en sortir plus que comme une halte garderie pour SDF afin de “ne pas les voir traîner dans la rue”.
J’avais jugé à l’époque que compte tenu du volume, notre ville ne pouvait pas offrir un service d’accueil de qualité et n’avait pas vocation à se substituer à des structures reconnues.
Interrogée sur le volume de SDF sur Clamart, l’actuelle adjointe au Maire, qui a toujours reconnu le bien fondé de ma politique sociale et je l’en remercie, a dit qu’il y avait 13 à 14 SDF sur Clamart. C’est sûrement juste mais une partie, au moins la moitié, est sur le haut Clamart et ne descendra jamais dans une struture près de la gare.
Concernant l’emplacement de cet accueil de jour, il est extrêmement mal choisi pour des raisons techniques évidentes et que tout travailleur social et tout responsable municipal connait par coeur.
On n’installe pas un accueil de jour près d’une gare ou d’une station de métro car il est possible qu’il devienne un pôle attirant des publics non clamartois.
On ne l’installe pas sur le cheminement d’enfants vers l’école car on ne peut pas garantir totalement la “lucidité” de certains SDF se mettant en danger par l’alcool ou la drogue.
On n’installe pas un accueil de jour à proximité d’une maison relais car les habitants de cette maison sont sur un parcours de réinsertion et de soins qui serait très perturbé par la fréquentation quotidienne de personnes subissant des difficultés encore plus grande. En effet la reconstruction est lente et les “rechutes” fréquentes.
Pour être efficace, l’accueil de jour devrait plus être un guichet social unique proche d’un service social et donnant accès à tout un accompagnement sur place. Pour ne pas exclure les personnes qui ne veulent pas s’afficher pour ne pas être “cataloguée”, un tel accueil ne doit pas être sur une rue passante au vu et au su de tous.
Sur un autre point, pour contribuer à redynamiser le commerce, je soutiens avec mes amis de la Plateforme qu’il faut maintenir les surfaces disponibles sur les axes commerçants et qu’il faut s’abstenir dans un quartier où l’activité commerciale est déclinante d’en rajouter une couche.
Je demande donc que les deux projets soit séparés.
La maison relais est un bon projet qui réclame encore de la transparence et des garanties que notre vigilence permettra d’obtenir. Il se trouve que l’association qui en aura la charge est celle qui gère la Colombe et j’ai pu vérifier qu’ils sont d’excellents professionnels.
Il ne faut en aucun cas ouvrir un accueil SDF au même endroi et sur ce site qui n’est pas du tout approprié pour toutes les raisons évoqués.
Ce sujet ne souffre pas une approche émotionnelle, ni en faveur d’une solution à tout prix, ni contre toute solution. Devenir SDF peut toucher n’importe qui d’entre nous car la destabilisation sociale est malheureusement rapide et lourde. Mais il faut également trouver des solutions durables et acceptées par tous. Pour cela il faut les expliquer et en discuter, c’est ce qui aurait du être fait avant la décision prise en conseil.
La présentation de ce projet en conseil de quartier a été arrachée par l’opposition à la majorité avec l’aide de Gérard Aubineau, qu’il faut remercier. Il faut rappeler que même un conseiller municipal Verts a déclaré qu’il fallait “être honnête” car la décision était prise et qu’il ne fallait pas faire croire que le projet pouvait changer. Or les écologistes sont toujours soucieux de la concertation, point de vue que je partage. Cette prise de position m’a étonné . C’est bien d’être sincère, c’est beaucoup mieux d’avoir des principes et de s’y tenir.
Je soutiendrai de nouveau cette position au conseil de quartier du 25 septembre à 20h30 à l’école Jules Ferry. Je souhaite que chacun aborde cette réunion avec tolérance, écoute, ouverture et responsabilité. «