A propos du voeu sur la grève : STOP AU SECTARISME


Le Conseil Municipal du 28 janvier s’est terminé sur le vote d’un vœu de soutien au mouvement de grève du 29 présenté par le Maire et le groupe socialiste.
Ce fut un triste spectacle, révélateur de l’incapacité des partis politiques et de leurs représentants locaux d’abandonner leurs idées toutes faites et d’essayer de comprendre ce qui est entrain de se passer dans le peuple.

Philippe Kaltenbach et les élus socialistes n’avaient mercredi soir qu’un objectif (fixé par la nouvelle direction nationale du PS) exploiter et tenter de récupérer pour leur compte le mouvement social du 29. A les entendre, les socialistes organisaient les grèves qui bien entendu, étaient exclusivement dirigées contre Nicolas Sarkozy.
En face, l’UMP et son porte parole local faisait preuve du même sectarisme, reprenant eux aussi les mots d’ordre tombés de leur direction nationale. Pour eux les grèves sont l’œuvre de grévistes professionnels manipulés par l’extrême gauche. Ils n’ont pas hésité, ce soir là, à déclarer que le PS était un rassemblement de nuls, sans leader d’envergure, professant des idées nulles et qui de ce fait ne reprendrait jamais le pouvoir.Il est vrai qu’ils ne faisaient que reprendre ce que certains responsables départementaux de l’UMP déclarent ,considérant que ce mouvement social est une grève de nantis à l’emploi garanti à vie.

Quel aveuglement ! Quel sectarisme ! Quelle sottise !

Il n’est pourtant pas difficile d’ouvrir les yeux et de constater que ce mouvement social est très différent de ce qui a pu être ces dernières années.

Il n’y a qu’à remarquer la très forte mobilisation dans les petites villes de provinces où il n’était pas rare de voir des cortèges de salariés du privé et du public de 5 à 10 000 personnes dans des villes de 20 à 50 000 habitants. Imaginez 5 à 6000 manifestants à Clamart.

Cela en dit long sur la peur, la désespérance, la colère de la province et de nos campagnes qui après avoir vu fermer qui son tribunal, sa caserne, son hôpital ou sa gare SNCF voient maintenant leurs PME licencier ou pire déposer le bilan.

Il est à craindre si aucune réponse n’est adressée aux citoyens, nous allions vers une immense jacquerie de la province et des campagne où nos concitoyens, salariés comme paysans sont aujourd’hui le dos au mur.

Le point commun de toutes ces manifestations dans les petites et grandes villes c’est bien sur le pouvoir d’achat mot technocratique qui cache la dure réalité : des millions d’habitants n’arrivent plus à boucler leur fin de mois.
C’est dans ce contexte que les français ont le sentiment de faire les frais d’une crise dont ils ne sont pas responsables. C’est la conviction d’avoir vu, pendant des années privatiser les profits et de voir aujourd’hui nationaliser les pertes.
Ces quelques constatations montrent la sottise des poncifs qu’on entend aujourd’hui, qu’ils viennent de droite ou de gauche.
Il est urgent que le Chef de l’Etat s’adresse au pays et fasse œuvre pédagogique
Il est urgent que le Chef de l’Etat mette un terme aux propos de division , RASSEMBLE le pays et fasse que chacun prenne sa juste part de l’effort.

A défaut de cela, ce qui se prépare, c’est une gigantesque explosion sociale et politique dont la France a le secret et qui survient toujours quand ses dirigeants n’entendent plus le peuple.

Mercredi, le Conseil Municipal était loin de ses préoccupations. Deux clans s’affrontaient. Mépris d’un côté, surenchère irresponsable de l’autre. Grégoire Artinian ( Radical !) et Christian Delom ( Modem) ont essayé de regarder un peu plus loin que le 29 janvier mais le Conseil Municipal transformé en happening soixante-huitard n’était plus capable d’écouter et de réfléchir. Il n’est pas certain que victime d’une crise de nombrilisme politique aigu nos élus aient pris conscience de ce qui va arriver.